La mise en place d’un observatoire dédié aux questions du couple, de la conjugalité et de l’extraconjugalité fait suite à la thèse du Dr Philippe Nkoma Ntchemandji en juin 2016. Cette thèse est parvenue aux conclusions selon lesquelles il y a « fabrique » du couple et du lien de conjugalité dans l’extraconjugalité durable. Autrement dit, un homme marié et une femme autre que son épouse légale établissent du lien social, sinon parviennent à une association dont le fonctionnement s’identifie presque à celle entre « mari et femme ». Ces deux partenaires extraconjugaux conviennent à des arrangements domestiques, non contractualisés, qui les conduisent à des mises en dettes réciproques. Par exemple, la demande de sexe de la part d’un homme marié à sa partenaire extraconjugale compense celle en ressources de cette dernière. Les dons des hommes mariés qui s’aventurent dans l’extraconjugalité durable (logement, argent, voyage, etc.) « gratifient » en quelque sorte « l’amour sacrificiel » (Garcia, 2011) de leurs partenaires extraconjugales. En retour, les partenaires extraconjugales exigent l'officialisation de la relation par un mariage en bonne et due forme. Ce système de mise en dette réciproque met au jour des cadres de légitimités propres dans la contraction du lien social, mais en même temps révèle la complexité des socialisations secondaires (où rencontres intimes d’hommes et de femmes). Le temps d’une recherche de thèse sur « les sexualités non-légitimes ou alternatives », comme l’extraconjugalité durable, n’a pas pu investiguer la complexité des pratiques matrimoniales des hommes. D’où l’idée de mettre en place, au mois de juillet 2017, un cadre de réflexion, doté d’instruments scientifiques, destiné à observer les pratiques matrimoniales, à suivre l’évolution des nouvelles dynamiques matrimoniales. Que signifie le logos de l’OICCE ? D’abord, le logos est symbolisé par un œil observant la « valence des relations intimes » hommes/femmes en prise avec le matrimonial (anneaux au centre de cette valence). En d’autres termes, il s’agit des liaisons sexuelles et amoureuses possibles qu’un homme, marié ou non, peut engager avec des femmes (ici deux). Les anneaux d’alliance, au centre de la valence, représentent donc l’union déjà contractée (ou à contracter) par le mariage de deux individus de sexes opposés. Après, le logos traduit l’examen attentif des relations sexuelles et amoureuses entre un homme (♂) (marié ou non) et deux femmes (♀♀) : l’épouse et une autre femme célibataire le plus souvent. Cette relation définie comme « extraconjugalité durable », constitue une des problématiques de la contraction du lien social au sein des cadres de conjugalité « formels » et « non officiels ». La relation formée par l’association durable entre partenaires hétérosexuels, non officiels, que traduit la valence des cellules sexuelles males et femmes (♂♀), s’étend à d’autres formes de conjugalité. Il s’agit par exemple des unions consensuelles (ou unions libres) entre partenaires hétérosexuels dont l’échange des vœux est retardé ou non tenu. Enfin, le logos donne à voir des relations entre partenaires hétérosexuels (ou homosexuels) multipartenaires qui conduisent ou non à des pratiques sexuelles à risques (IST ou SIDA).



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